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June 03 Une quatrième majeure ?
A Murrayfield, Paris et Toulouse, crispés sur l'enjeu d'un sacre européen, n'ont pas su faire valoir l'extraordinaire potentiel de leurs effectifs respectifs. Dommage, l'occasion était belle et l'exposition de ce duel franco-français unique. Alors, deux semaines plus tard, le souffle chaud du Parc des Princes, et d'un match il est vrai sans enjeu, se rappellera-t-il au bon souvenir de ces deux monstres que sont les deux Stades? On aimerait le croire... Paris: coup tactique ou revanche du classicisme? Parce que le Stade Toulousain, malgré le discours d'un Guy Novès plus filou que jamais justifiant d'une pseudo-démobilisation, est aux portes d'un doublé dont la résonance supplanterait le doublé de 1996 à une époque où le rugby français n'avait pas encore plongé dans l'exigeant tourbillon du professionnalisme. Parce que le Stade Français ne peut envisager revivre le cauchemar de 2001 et une saison aux promesses non tenues qui leur ferait tout perdre comme en 2002 également. Entre ces deux mastodontes si proches l'un de l'autre, l'enjeu guette, prêt à geler les meilleures intentions. Un espoir? Bien sûr. Car, plus que leur capacité à dépasser le traumatisme psychologique de Murrayfield, c'est bien dans la recherche d'une nouvelle impulsion, avant tout dans le jeu, que réside le salut parisien. Pour Rémy Martin, le troisième ligne du Stade Français, les deux évènements n'ont strictement rien à voir: "Vendredi soir ce sera un match complétement différent, souligne-t-il sur le site internet du club parisien. Et à vrai dire je ne vois pas vraiment cela comme une revanche. Il s'agit d'un match de championnat, on va se donner à fond pour empocher la victoire. Ne parlons plus de cette finale de Coupe d'Europe, oublions-la." Fabien Galthié et son staff, bien conscients de la difficulté de tenter une révolution tactique à ce stade de la saison, ont pourtant balayé les options susceptibles de surprendre et de déstabiliser les Toulousains. L'opération Hernandez aura, selon toute vraisemblance, fait long feu après la blessure mercredi du trois-quarts polyvalent argentin et qui devrait conduire David Skréla vers une titularisation. De même à Toulouse, le supposé avantage psychologique laisse songeur. "Cette fois, cela nous a souri, si on se retrouve en championnat, pas sûr que ça se passe aussi bien", précisait ainsi après la finale Fabien Pelous, grand absent de cette quatrième levée entre les deux Stades. L'abattage d'un Yannick Jauzion, rare Toulousain capable de créer le danger à Edimbourg, semble une garantie nettement plus indiquée. Un Stade Toulousain qui porte lui aussi sa croix avec le forfait annoncé du pilier Jean-Baptiste Poux. Une perte de taille qui pourrait conduire à la titularisation du vétéran Patrice Collazo. De quoi isoler un peu plus Omar Hasan, la pierre angulaire de la mêlée championne d'Europe, dans le combat revanche annoncé des deux packs. Labit: "Un doublé au plus profond de nous..." "Il nous reste ce qui constitue la cerise sur le gâteau, prévient Christian Labit, le futur ex-Toulousain, sur le site internet. Ce doublé, nous ne sommes jamais parvenus à le réaliser et on court derrière depuis très, très longtemps. Mais pour le réaliser, il faut aller le chercher au plus profond de nous." Au club depuis 1997, Labit mesure mieux que quiconque la portée du possible doublé auquel Toulouse aspire. De quoi savoir prolonger le sacrifice et rêver tout haut du Stade de France. Parisiens et Toulousains ont les clés. A eux d'ouvrir ou non en grands les portes de Chaban-Delmas... |
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